Etudes des lacs

Les hydrosystèmes sont des ensembles complexes dont les composantes physiques, chimiques et biologiques sont en interaction permanente y compris avec le milieu terrestre qui les entourent. La SCOP AQUABIO se propose d'étudier ces différents paramètres afin de dresser un état écologique de ces milieux. A cette fin, des protocoles variés et adaptés sont mises en place.

Etude des plans d'eau:

Les plans d'eau regroupent l'ensemble des hydrosystèmes stagnants tels que les lacs, les barrages ou encore les étangs.

Ils se définissent comme des nappes d'eau stagnantes occupant des dépressions naturelles ou aménagées. Ils se caractérisent par leur dimension (périmètre, surface, profondeur, volume), leur bilan hydrique (renouvellement des eaux, origine des apports et des pertes) et leur structuration en fonction de la profondeur (pénétration de la lumière, action du vent, stratification de la température, de l'oxygène et des processus biologiques).

Depuis l’initiation par l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse en 1987 de la Diagnose rapide des plans d’eau, les protocoles d'études ont été réactualisés fréquemment. AQUABIO s'adapte à ces modifications grâce à la mise en place d'une veille réglementaire et a pour objectif de fournir une prestation de qualité conforme aux exigences de la Directive Cadre Européenne 2000/60/CE.

 

 

Ainsi, la démarche de diagnostic s’articule autour de plusieurs compartiments :

1. La physicochimie : le partenariat avec l’Institut Pasteur Atlantique garantit qualité (COFRAC) et rapidité des résultats.

a. Eau : profils verticaux, prélèvements intégrés, prélèvements ponctuels
b. Sédiments : benne Eckman

2. Macro-invertébrés benthique : la structure de leur communauté intègre les propriétés physicochimique de l'interface Eau/Sédiments.

Leur étude nécessite de manière générale la mise en place de plans d'échantillonnage variés visant à récupérer une quantité suffisante de sédiment (utilisation de benne de prélèvements, benne Eckmann) de les conserver en vue de leur tri ultérieur au laboratoire (visant à séparer l'ensemble des êtres vivants présents du substrat échantillonnée et de les déterminer).

a. Indice Oligochètes de Bio-indication Lacustre (IOBL) : potentiel métabolique des sédiments lacustres profonds (>5 m), c'est-à-dire leur capacité à assimiler, minéraliser la matière organique en analysant le peuplement d’Oligochètes. Les différentes phases de l'analyse IOBL sont les mêmes que pour l'IOBS (lien vers IOBS), seul le protocole de prélèvement change car les milieux (rivières et lac) sont de nature très différentes. Cet indice a fait l’objet d’une normalisation en 2005 (norme AFNOR NF T90-391). Accréditation COFRAC en 2009

Il évolue positivement avec les carbonates du sédiment et la minéralisation des eaux, et négativement avec les teneurs en matières organiques. Les oligochètes intègrent également l’impact des rejets anthropiques qui peuvent perturber la capacité métabolique des plans d’eau.

Pour une station, un échantillon constitué d’au moins 3 prélèvements de sédiment représentant un total minimum de 300 cm² sont effectués dans la zone la plus profonde du plan d'eau et de part et d'autre à l'aide d’une benne ou d'un carottier. L’ensemble des prélèvements doit donner une vision représentative et reproductible du milieu étudié.

En laboratoire, les oligochètes sont extraits aléatoirement du substrat sous loupe binoculaire et identifiés au microscope. La valeur IOBL est calculée à partir du nombre de taxons trouvés sur la station (variété taxonomique), et de la densité en oligochètes pour 0,1 m².

L’information fournie au moyen de cette valeur est synthétique : elle intègre l’influence de la qualité physico-chimique de l’eau et des caractéristiques morphologiques et hydrauliques des sédiments. Le pourcentage d’espèces qualifiées de « sensibles » à des apports polluants complète le diagnostic donné par l’indice, le statut d’espèce sensible étant attribué à 26 taxons.

b. Indice Malacologique Lacustre (IMOL) : basé sur l'étude des populations de mollusque aquatique (Lymnées, psidies). Il vise à définir d'une manière simple et rapide l'état biologique global d'un plan d'eau. Cependant il n'est pas applicable aux plans d'eau soumis a un fort marnage (retenue, barrage...)

c. Indice Biotique Lacustre (IBL) : basé sur l'étude des caractéristiques de l'ensemble du peuplement d'invertébrés benthique. Il vise également à définir la qualité biologique d’un lac en s'appuyant sur le caractère bio-indicateur de certains taxons mais également sur les variations existantes entre la bio-diversité des zones littorales et des zones profondes. Comme IMOL, il n'est pas applicable aux plans d'eau soumis a un fort marnage (retenue, barrage...)

Cet indice est le plus conforme aux attentes de la DCE mais l’importance de l’effort d’échantillonnage et le niveau de détermination des taxons et notamment des chironomidae (petits diptères appelés également « vers de vase » devant être déterminés au niveau générique) sont des facteurs limitants à son utilisation en routine.

De nouveaux protocoles sont donc aujourd'hui disponibles afin de répondre aux exigences européennes et adaptés à l'ensemble des plans d'eau d'origine naturelle ou artificielle.

d. Protocole d’échantillonnage des invertébrés benthiques adapté aux plans d’eau naturels profonds (CEMAGREF).

e. Protocole d’échantillonnage des invertébrés benthiques adapté aux plans d’eau de retenues (CEMAGREF)

3. Macrophytes :

a. Protocole standardisé d’échantillonnage des macrophytes en plan d’eau. Il consiste en une observation et un relevé de la flore littorale au niveau « d'unités d'observation » définies sur le pourtour du plan d'eau. Il vise à caractériser la qualité du milieu littoral en intégrant les caractéristiques morphologiques, dynamique et physicochimie du plan d'eau.

 

 

4. Phytoplancton :

a. Protocole standardisé, d'échantillonnage et d'observation du phytoplancton en plan d'eau. L'étude de cette flore vise à caractériser l'état trophique du plan d'eau.

5. Poissons

a. L'échantillonnage des poissons à l'aide de filets maillants multimailles est pratiqué selon la norme NF T 90-366 et son guide d'application NF T 90-367. Cette méthode fournit une estimation de la composition et de la structure du peuplement piscicole d'un lac. On obtient ainsi une évaluation de l'occurrence des espèces, de leur abondance exprimée en capture par unité d'effort (CPUE), ainsi que de la structure en taille du peuplement. Les résultats obtenus peuvent être comparés annuellement ou/et entre différents sites.